12.04.2008
ACQ2: Claire DITERZI
Deuxième acquisition –Tableau de Chasse – CLAIRE DITERZI
Comme pour The Kills (voir papier avant), je n’ai jamais rien entendu de ses précédentes compositions.
Alors là, on sort des sentiers battus et de la « nouvelle scène française ». Claire D. fait dans le baroque, je la classerai dans le rayon de « mes-originalités-que-j’aime », juste à côté de ROBERT (incroyable « six pieds sous terre » que j’écoute, et ré-écoute, et ré-ré-écoute, etc …). Il y a à la fois des choses que j’adore et d’autres…que j’aime moins.
Et pour commencer dans ce que j’aime : le fort pouvoir évocateur des chansons. Ce qui est marrant c’est qu’elle-même a écrit cet album à partir de ce qu’un certain nombre d’oeuvres artistiques lui inspiraient, et l’écoute de l’album va bien au-delà de l’évocation de ces œuvres (qui figurent sur le livret de l’album). Par exemple, j’ai adoré le rythme de la première chansons qui me renvoie aux chansons d’Angelo Branduardi comme le seigneur des Aulnes, la sorcière…, le sang…ça vient peut être aussi des paroles : un vocabulaire emprunté aux temps médiévaux, des rois et des reines (« tableau de chasse »), avec un propos charnel et sensuel actuel. Il fallait réussir à caser « enfarinée rococo parée », « je suis ta diva ton odalisque » ou « sous mes yeux verts de galant délace-moi ce balconnet de soie ». La signification de chaque mot m’échappe parfois, mais le sens du propos est clair, les sensations sont là et ça sonne terriblement bien!
Il y aussi une tonalité amère et parfois mélancolique sur mes chansons préférées de cet album ; le paroxysme est atteint sur « Zubrowka » ; la voix y est sobre, la mélodie est sombre, et le texte triste chanté parfois en polonais ( ?) ajoute à la mélancolie. C’est très beau ! L’album est contrasté quant à ses propositions musicales, à tout point de vue : arrangements dépouillés ou riches, voix sobre ou multi doublée (par la chanteuse elle-même) ce qui donne un côté « chœur des chants de l’est » assez présent (ce n’est pas vraiment ce que j’aime le plus d’autant que Claire D. a par ailleurs une voix très chaude assez agréable), textes mélancoliques et lyriques ou juste ironiques et comiques. Il y a des exercices de styles plus convenus et un peu lourds : les repas de famille, la veille chanteuse, mes bonnes sœurs, et juste des choses bien ficelées, mais qui ne sont pas trop mon style : « à quatre pattes »
Une constance appréciable en ce qui me concerne : 1/des textes avec un chant lexical étoffé, sonore et évocateur, bien différent de ce que l’on peut entendre dans la chanson française qui utilise trop souvent les mots pour leur sens sans se soucier du son. 2/ Des trouvailles musicales qui font du bien dans le paysage musical.
Mes coups de coeur de l’album:
*Le rythme bateleur de plancher de « l’odalisque ».
*Le son du cor de chasse en ouverture de « tableau de chasse » et la phrase chantée de la biche aux abois « sonnez l’Halali, sonnez ma mise à mort »
*La mélancolie déchirante et la beauté du phrasé de « Zubrowka ».
*La sensualité de « L’épave »
*Juste « la tête à l’envers / le coeur dans les viscères » sortie tout droit de « Iku »
*La voix parlée timbrée et douce de Claire D. (et je ne sais pas pouquoi je pense à Juliette Binoche là dessus ??) annonçant sa rupture juste après le chant perçant et déchirant d’ouverture, chant qui m’a immédiatement fait penser à la scène « Silencio » de Mulholland Drive, film que j’adore, alors… MAGNIFIQUE.

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ACQ1: The Kills
Mes deux dernières acquisitions musicales sont totalement opposées et traduisent assez bien ce que j’aime.
Premier album : Midnight Boom – THE KILLS
Du rock, du vrai, pas un truc brouillon simili rock.
Comme je l’ai déjà dit, je suis sensible aux voix et le duo fonctionne à merveille avec un plus à la lead singueuse, Alison Mosshart, EXTR-A-OR-DI-NAIRE : de pêche, de justesse, d’expression, de force…de naturel (on appréciera le raclement de gorge en ouverture de « cheap and cheerful »). Ça change des voix monocordes et posées des nouveaux génies du Rn’R. Les mélodies : de l’énergique, de l’entêtant, de l’amusement et (un peu de facile aussi vers le milieu de l’album).
Les arrangements : des percu sèches et nettes comme j’aime et une grande variété de lignes rythmiques. Les chansons ont un fond très percussif qui répond parfaitement au phrasé lui aussi assez marqué d’Alison M et Jamie H, qui n’hésitent pas d’ailleurs à jouer aussi avec les sons et leurs voix (« Getting down »). Du coup, les guitares chantent et c’est aussi comme ça que j’aime l’usage de la gratte (j’ai déjà évoqué mon peu d’amour pour les grosses guitares qui frappent méchamment leurs accords en un vaste bruit). On retrouve tout ça dans les 5 premières chansons du cd, celles que je préfère, La 6ème (« Hook and line ») marque le retour des guitares rythmiques (petit, gros, petit gros) et si quelques ballades sont encore très chouette et tournent bien (« black ballon » et « goodby bad mornging »), ce n’est pas aussi percutant et original que le début.
L’évocation : cet album me renvoie en première ou Xème lecture à d’autres chansons sur des moments plus longs ou très brefs : la rythmique implacable de « URA fever » en écho à « I love Rock and Roll », les intonations d’Alison M rappelant PJH sur « Tape song » juste quand elle dit « Oh my Oh my », le jeu avec les sonorités des mots sur « Getting down » m’ont fait penser au « Comic strip » de Gainsbourg en moins « bulles », et enfin, comment ne pas penser au Velvet à l’écoute des quelques notes de piano associée au mot « morning » à la fin de l’album.
Comme rarement, cet album, pour toutes les raisons évoquées plus haut, m’embarque dans son monde à la première écoute : ENVIE DE CHANTER, DE BOUGER, DE TAPER le rythme SUR UNE POUBELLE, DE VOYAGER, DE SAUTER EN L’AIR, D’APPRENDRE L’ANGLAIS !! (attention ! digression : une copine m’a récemment dit qu’elle n’avait pas pu faire de sport pendant environ une semaine et qu’elle finissait par étouffer chez elle. Après une séance de sport d’1h30, elle était de nouveau bien, et le sport provoque ça chez elle un bien-être, pas seulement physique mais aussi psychologique complet). C’est exactement ça un bon album pour moi, un tas de petites choses super dont le tout provoque un truc bien plus grand que leur simple addition ; une sorte de boule d’énergie (non, ce n’est pas Dawn Summers) positive ou négative qui instantanément me transforme.

21:17 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : midnight boom, kills, rock
24.03.2008
Le verre à moitié vide ou à moitié plein
A l’heure où Marianne fait un dossier sur la grande déprime des 15-25 ans, où le 22/03/08, je suis obligée de sortir avec mes gants et mon écharpe afin d’affronter la froideur du printemps ; à l’heure où les chinois matent la révolte tibétaine , où le pire devient sujet de débat mais jamais d’action, à l’heure où y’a plus de beurre dans les épinards (parfois y’a même plus d’épinard), où y’a Astérix au ciné, où L word s’achève, à l’heure où Sarko engage des troupes en afghanistan, où Mai 68 a 40 ans, les cheveux gris, des rides au coin des yeux, et n’est même pas foutu d’avoir un retour d’âge !, etc…
A l’heure où les jeux sont faits, rien ne va plus, JE DECLARE avec Aragon « la femme est l’avenir de l’homme »…euh, non…pardon, je me suis laissée emporter… JE DECLARE donc avec Aragon:
« Un jour pourtant, un jour viendra, couleur d’orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
En jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche ». Il faut l’entendre avec la musique de Jean Ferrat, très lyrique bien sûre, et qui teinte de mélancolie les vers d’espérance du poète.
C’est pour ça que je prends ces quelques vers exactement pour ce qu’ils sont : de l’espoir, et il en faut du courage et de la conviction pour y croire. « L’espoir fait vivre ». Ca ne sonne pas aussi bien que « Carpe Diem » (Aahh, le latin !!) mais c’est ma ligne de vie, avec tout ce qu’il y a de sorties de route, de virages, et d’aires de repos sur le bas côté. Je travaille à croire en l’espoir d’un monde meilleur présent et à venir ; ce n’est pas de l’idéalisme naïf (ceux qui me connaissent savent que je vire plus souvent du côté des ultra-lucides à la limite du cynisme) ni de l’optimisme forcé, c’est un combat pour accepter la vie et contre les facilités de pensée.
La chanson est art mineur, et c’est fou ce qu’elle peut être salutaire. En ce moment c’est un peu difficile pour moi, professionnellement et personnellement, et l’ambiance générale n’aide pas ! Mais prendre ma guitare et chanter Jo Dassin, Nick Cave, Lennon ou France Gall ; écouter à fond « Fame » (Irène Cara), I don’t feel like dancing (Scissor Sisters), In my secret life (Cohen), je suis jalouse (E.Loiseau), Lights (Archive), Velvet Goldmine (Bowie), En apesanteur (Calogero), me remet dedans en un rien de temps. Ça dure le temps que ça dure mais c’est déjà ça et c’est tellement simple !!! I LOVE MUSIC
(et aussi les voyages vers une destination pleine de soleil, de luxe, de calme et de volupté comme dirait Baudelaire, mais c’est tout de suite un peu plus compliqué et plus cher et comme y’a plus d’beurre dans les épinards, etc…)

13:22 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : espoir, carpe diem, déprime, aragon
